Rap et politique : le mélange parfait au 237

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Servez-vous

Faire du rap sans prendre position ? Impossible quand bien même on se réfère à la genèse du mouvement qui s’est frayé un chemin au milieu de multiples revendications. Au Cameroun comme ailleurs, les idéologies qui ont encadrées la naissance de cette dynamique jeune et culturelle convergent vers le même idéal : la liberté.

Les barons du Rap politique Camerounais

Parler du rap politique Kamer sans faire mention de Lady B et Valsero serait faire abstraction de la réalité qui est nôtre. Il n’est pas exclu de rallonger la liste de ces pionniers du mouvement. Mais les œuvres de ceux-ci nous ont plus marqué. Tant dans la constance que la fidélité à leur ligne directrice. Ils ont du mal à s’en détourner malgré la forte pénétration des sonorités nouvelles. Avec hargne et détermination, à chacune de leurs sorties. Ils tirent, présentent, décrient le mal être qui est nôtre au quotidien. Appréciés par certains et dépréciés par d’autres, il reste vrai que chaque fois que leur présence est annoncée, même leurs détracteurs répondent présents. De Paul Biya doit partir à Zombie passant par levezvous, le duo marque les esprits.

La nouvelle dynamique jeune

Parce que gouverner c’est prévoir, les deux barons du Rap politique Kamer ont prévu impacter les plus jeunes. Peut-être pas de manière directe mais, cela s’est fait et les retombées sont palpables.  Il y a quelques années, Xzafrane, jeune rappeur Camerounais, emboitait le pas à ses grands frères en épousant leur genre musical et leur agressivité lyricale. Pas tendre du tout dans sa façon de poser. Avec un ton imposant, il s’est inscrit à l’école de la résistance par plusieurs de ses titres parmi lesquels « nouveau président ». Un titre osé et enragé qui vient ajouter de l’eau au moulin de ses aînés qui, depuis leur siège regardent le bon travail que fait la relève.

Contre toute attente, Locko signe son entrée dans cet institut.  Fidèle à son rythme, il pose les jalons de sa présence avec son titre même mêmes choses. Chanson très engagée et évocatrice. Il définit sa pensée entière dans le refrain de cette même chanson « Encore les mêmes mêmes choses, toujours les mêmes mêmes choses… faut pas nous bloquer […] ». Au regard de notre environnement socio-politique, il est clair que, ce sont les mêmes choses et les mêmes « gens » qui sont au commande.

Les valeurs perdues du rap

Aujourd’hui, tout le monde veut faire ce qui donne l’argent et se cacher derrière le titre de rappeur. L’essence même du mouvement a pris un coup. Tous les acteurs se sont mutés en business Man. Et pour ceux qui bataillent pour se maintenir au top, se convertissent en rappeur gynécologue. La dénonciation n’est plus au rendez-vous, l’expression du ras le bol a pris la clé des champs. On se laisse emporter par le vent de la nouveauté qu’ils se plaisent à appeler Trap. Avec des textes vides et des refrains décalés. Ils veulent nous faire aimer un autre plat qui n’est même pas la copie de l’original.

Il est clair que plusieurs rappeurs s’illustrent bien avec des textes politiques. Parce qu’il nous était impossible de tous les citer dans ce numéro, nous comptons sur votre bienveillance pour compléter la liste en commentaire.

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