POURQUOI LE PRIX DU CARBURANT NE VA PAS DESCENDRE A LA POMPE ?

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prix du carburant

Avant toute chose comment se comporte le secteur pétrolier et le rôle de l’Etat dans nos économies en Afrique ?

Le secteur pétrolier se divise en deux sous-secteurs à savoir l’amont et l’aval.

Le secteur Amont s’occupe essentiellement du pétrole brut, de l’extraction à la commercialisation en passant par la négociation des prix. Le secteur aval à son tour prend en charge la transformation du Brut en produits blancs et leur distribution.

L’Etat de façon directe à travers un ministère des hydrocarbures ou indirect par le biais d’une société à capitaux publics agit et interagit dans chacun des deux sous-secteurs.

Parlons à présent du secteur amont, héritage des colonies, tous les puits de pétrole en Afrique ou presque sont en concession. Ceci dit, aucun Etat ou pour la majorité ne dispose la technologie nécessaire pour aller chercher le précieux sésame, cet or noir qui après transformation permet de faire fonctionner plusieurs engins.

Il convient de relever que les prix de ce pétrole Brut sont endossés sur d’autres Bruts sur le marché mondial, en occurrence le Brut américain ou encore le Brut d’Europe de l’Est. Ce mécanisme a pour conséquence direct que les prix du Brut ne tiennent pas en compte le calcul traditionnel des coûts de revient sorti des unités de production. L’Etat se voit contraint donc d’être le gendarme de tout le secteur à travers des aides sous forme de subventions pour essayer de réguler autant faire ce peut le secteur et ses parties prenantes.

Comment on passe du pétrole brut au pétrole propre à la consommation

Quand on a finalement extrait le brut ; les pays qui ont les moyens disposent d’une raffinerie pour avoir au bout de la chaîne des produits dit blancs. Dans le cas contraire, ils exportent leur Brut et importent les produits blancs (on verra par la suite l’influence sur l’économie).

Cependant les raffineries sont elles aussi un autre héritage des colonies (il est vrai que nous observons une étatisation des raffineries en Afrique) donc une autre technologie à importer.

Également dans ce secteur, le prix des produits dit blancs est endossé sur le marché international. En d’autres termes, on ne détermine pas les coûts sortis usine, on s’arrime purement et simplement aux prix internationaux.

L’état de manière indirect ou direct met sur pied un instrument qu’on appelle la structure des prix dans le but d’avoir le prix à la pompe voulu. Cette structure tient compte des prix du marché, les marges des marqueteurs et bien évidemment la subvention pour équilibrer les prix de vente de peur de voir les prix flamber.

NB : les prix du blanc ne prennent pas en compte celui du BRUT c’est le marché de l’offre et la demande pur et dur !

POURQUOI LA BAISSE DES PRIX DU BRUT EST UNE MAUVAISE NOUVELLE POUR NOS ÉCONOMIES ?

Il faut savoir que les revenus pétroliers représentent entre 30% et 60% du produit intérieur Brut de nos pays (Certains pays vont jusqu’à 80%). C’est à démontrer comment l’or noir est important pour la stabilité de nos économies.

Rappelons-nous que les prix du brut ne respectent pas le calcul du coût de revient que les comptables connaissent très bien et l’Etat est le gendarme. Ceci dit quand les prix du brut ne cessent de chuter, les concessionnaires ne parviennent plus à rentrer dans leur frais car le prix du marché est inférieur au coût de production théorique. Résultat des courses, tous les concessionnaires importants plient bagage et laissent le secteur orphelin.

Face donc au manque d’équipements, nos Etats ne pouvant plus extraire le BRUT, sont obligés de l’importer des pays voisins pour raffiner (or avant ils ne le faisaient pas) ou sont obligés d’acquérir des équipements très coûteux pour chercher le précieux sésame.  

De plus, les raffineries très souvent de faible capacité, sont obligées d’importer les produits blancs pour subvenir à la demande locale (l’armée, etc.). Si vous vous approchez de près à la structure des prix, vous allez vous rendre compte que pour éviter une flambée des prix à la pompe, l’Etat qui subventionnait assez l’activité est obligé d’augmenter sa subvention et payer de sa poche chaque litre de produit blanc que nous prenons à la pompe.

QUELLE CONSEQUENCE POUR NOS ECONOMIES AFRICAINE ?

Avec une économie dépendante des produits pétroliers, la hausse des subventions de l’Etat pour éviter le chaos social et politique ne vient pas arranger la situation. Nos Etats ne seront plus capables de subvenir ou supporter les frais des investissements, et même de fonctionnement de leur économie. En gros, ils seront obligés de faire recours à l’ultime solution qui s’offre à eux : celle de beaucoup emprunter pour continuer à vivre voire survivre face à une économie mondiale en surchauffe. C’est sans compter le niveau d’emprunt qui frôle déjà la catastrophe. De plans d’ajustements structuraux en plans d’ajustements structuraux, s’endetter pour équilibre la balance commerciale déjà désastreuse risque être la dette de trop. Aujourd’hui, Corona Virus a davantage compliqué la situation avec des cours de Baril quasiment nuls, l’économie mondiale au ralenti, le prix du carburant n’est pas prêt de chuter à la pompe.

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