Imane Ayissi dit NON au WAX comme produit Africain

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Imane Ayissi

Né le 07 juin 1968 de l’Union entre un père champion de boxe et d’une mère mannequin, Imane Ayissi est le cinquième d’une fratrie de 10 enfants. Il emprunte plusieurs casquettes dans sa profession. En effet, pour avoir grandi dans une famille d’artistes et de sportifs, il va très vite avoir un engouement pour tout ce qui a trait à la mode et le sport.

Le parcours d’un homme ambitieux

Imane Ayissi debute sa carrière professionnelle en s’initiant dans la danse et intègre le groupe familial : “Les frères Ayissi”. Ce qui l’amena à se produire au ballet national du Cameroun avec plusieurs artistes africains. L’artiste participe également à la tournée “Saga Africa” du tenisman et musicien Yannick Noah. Il tourne également dans de nombreux clips comme ceux de Baba Meal, Kassav, sting et bien d’autres. Après son installation en Fance en 1990, il passera par le ballet de Patrick Dupond en tant que danseur professionnel.

Les portes de la mode

Imane Ayissi, Top models

Passionné par le mannequinat, Imane est vite reperé et defile pour des marques telles que Yves Saint Laurent, Dior, Pierre Cardin , Lanvin. Fils d’un papa boxeur, il defilera aussi pour des marques de sportwear à l’instar de Lacoste, Levi’s, Oakley, etc. Le travail acharné d’Imane Ayissi lui a valu un rang de Finaliste au Mannequin Europe organisé par Casting Magazine en 1995 à Paris. Ceci sans compter les autres shows et poses pour campagne publicitaire auxquels il a eu à participer.

Ayissi le pluridisciplinaire

Imane Ayissi

L’homme est auteur de deux œuvres literaires. La première en septembre 2006 aux éditions  klanba avec pour titre “Millan Mi Ngorè-Histoire du soir”, recueil de plusieurs contes imaginaires. C’est dans l’optique de revenir aux traditions africaines et de promouvoir la langue Ewondo qui est sa langue natale que ce livre a été écrit. Mais aussi pour parler de l’humanité et réfléchir aux réalités dans son ensemble.

La préface de son œuvre a eu le mérite d’être fait pas le Sultan Mbombo Njoya, véritable défenseur de l’art et de l’histoire de l’Afrique à travers son musée. S’en suit en décembre 2008 le second livre : “le Silence du Masque” aux éditions les portes du Soleil. C’est dans cet amour pour la culture Africaine que Imane va se lancer dans la couture qui est sa passion depuis l’enfance. Passion qui l’amènera au sommet du monde de la mode et qui fera de lui le premier africain de l’Afrique subsaharienne à présenter ses vêtements dans le prestigieux calendrier officiel de la haute couture Parisienne.

Ce fut le 23 janvier 2020, qu’un Styliste Camerounais a été mis au-devant de la scène aux côtés de ceux considérés comme les plus grands stylistes du monde, Channel, Dior et Givenchy. Grande était sa joie de présenter sa nouvelle collection « Akouma » en langue Ewondo signifiant « Richesse ». Collection dans laquelle il met en avant les vrais tissus africains et brise ainsi les codes en refusant d’utiliser le WAX dans ses créations car il trouve que la mode africaine ne se résume pas au WAX.

Ayissi, ennemi du wax ?

Pour la petite histoire, le Wax a été introduit en Afrique de l’ouest il y’a 150 ans par les hollandais. Ces derniers comptaient au départ troquer des tissus indonésiens réalisés selon la technique du batik contre des denrées locales, mais ces tissus n’ont pas eu le succès escompté. Ils ont donc développé un produit inspiré du tissu indonésien répondant aux exigences des populations africaines en termes de solidité et d’esthétique : le pagne en Wax. Il est donc inspiré de trois cultures : Indonésienne, Hollandaise et Ouest-africaine. Pagne produit en Europe et plus précisément en Hollande, il est clair que ce n’est pas un tissu africain mais un tissu descendant de la colonisation. Imane Ayissi est dans tous ses droits de s’offusquer et chaque acteur du domaine de la mode est conscient que ce tissu ne fait pas parti du patrimoine africain et doit remettre les pendules à l’heure.

Que doit-on utiliser pour valoriser la mode d’Afrique ?

Imane Ayiss - Défilé

Le ndop, le kente, la Kita, le bogolan, le Batik faits à la main sont propres à l’Afrique et méritent d’être valorisés. Cet artiste pluridisciplinaire considère le Wax comme « Un tissu coloniale » et milite chaque jour pour que ce tissu ne circule plus dans les marchés en faveur des tissus du terroir. En valorisant le Wax dans leurs défilés, spectacles et autres, il trouve que les stylistes valorisent la culture hollandaise et non celle des africains et par ricochet font ressurgir l’époque coloniale inconsciemment ou non.

Préserver le Patrimoine africain est un combat que mène l’artiste pluriel et « c’est à lui de montrer un autre visage de l’Afrique avec des bonnes choses, des choses qui appartiennent au patrimoine africain ». En tant qu’acteur de la mode, il appelle ses confrères à le suivre dans ce combat car c’est ensemble qu’ils pourront contribuer à une bonne vitrine pour l’Afrique et l’avancée du Continent. Nos stylistes africains suivront-ils Imane Ayissi dans son combat ? ou alors continueront-ils à valoriser ce Wax au détriment de nos tissus locaux ? Regardez cette vidéo pour en prendre de la graine.

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