Distraction & dépravation des mœurs : voilà ce à quoi rime la musique camerounaise de nos jours

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Depuis plus d’une décennie déjà, la musique camerounaise est en plein essor. Un essor calqué sur le prisme de la grossièreté et de la dépravation des mœurs. Tout ce qui a marché musicalement parlant ces derniers temps tournent autour du sexe et de ses dérivés. Nous qui croyions bénéficier des vertus de la musique, nous n’avons reçu qu’un pan de la chose qui nous tue à petit feu.

Ils nous ont trompé avec le show

En voulant faire comme les autres, on a embrassé des registres musicaux qui ne reflétaient en aucun moment nos mœurs. Par loyauté pour le show, ils nous ont colonisés avec des lyrics bon marché et dilués tels des boissons frelatées. Ils nous ont servi des textes qui rien qu’à l’écoute, on pleure le devenir de nos enfants et de la génération future. Tellement ils s’exhibent et s’embrassent dans leur vidéogramme qu’on se demande bien où est passée la pudeur. Avec l’absence de control parental sur nos chaines de télévision, à qui s’en remettre ? Que faire quand l’enfant te demande « c’est quoi le trou barbu ? », « maman tu peux aussi acheter le bon plantain qu’on chante souvent à la télé là ? ». Je me demande bien à quoi ça rime quand dans les kermesses, nos enfants qui peinent à avoir l’âge de la raison s’écrient « dans la sauce, le piment dans la sauce, j’ai envie de faire… » J’ai bien envie de voir la face de Dieu en ce moment-là.

Ils nous ont servi du biz

Toujours à cause de l’argent ils nous ont dit qu’il fallait faire ce qui passe, ce qui attire. Bon ! Décrire l’appareil génital féminin c’est ce qui donne l’argent ? Caricaturer les actes litiques (rapports sexuels) c’est ce à quoi on réduit le public ? Comme ça l’argent est mieux que la morale ? Comme quoi, Dina Bell, Sam Mbende et Eboa Lotin pour ne citer que ceux-là n’étaient pas de bons musiciens ? Oui, la musique a aussi un versant ludique. Où est alors passé le volet éducatif dans tout ce que vous faites depuis là ? La morale c’est laquelle ? Que retenir alors ? Doit-on laisser les artistes gospel faire tout le travail ? Même avant on chantait les obscénités mais sous quel ton ? Avec quel vocable ou registre de langue ?

Et aujourd’hui on souffre

Est-ce qu’on a même encore la parole ? N’est-ce pas c’est encore vous ?! Ensuite vous et toujours vous !? N’est-ce pas c’est grâce à vous que même ceux qui ne méritent pas entrer en studio même pour le nettoyage le font ? Parce qu’on a accepté cette bêtise à la base vous ne voulez plus laisser nooorrr ? La preuve, hier c’était la culotte Mimbong, aujourd’hui vous parlez de tranches d’ananas. Comme vous avez déjà décrit tout le corps humain au point de manger la chair dans vos cours d’anatomie vous êtes devenus végétariens par la force du temps hein. Je me demande bien quel héritage on va laisser à notre descendance. Si les pionniers de la musique camerounaise avaient fait pareil où serions-nous aujourd’hui ? Je crois qu’on gagnerait à retourner à la base. Non pas pour rapper mais pour apprendre l’essence même de la musique et surfer dans ces horizons là.

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