Bob Dylane : les arts plastiques au Cameroun ont un gros souci de reconnaissance et l’artiste peine à vivre de son art

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Bop Dylan

Bob Dylane nous voudrons que vous essayiez de nous dire davantage sur votre art, votre métier… En d’autres termes si on vous demandait de présenter votre art au commun des mortels ?

Pour démarrer je suis un amoureux du dessin à la base et plus encore amoureux des différents couloirs auxquels il conduit, tant dans le manuel artisanal que dans le numérique. S’il fallait que je parle de mon art ou de ma pratique artistique, je me laisserai premièrement emporté par cette liberté d’expression qu’il m’accorde… Cette vision autre du monde qu’il me confère puisque l’artiste au-delà de la pratique technique visible, est identifié par cette grande dimension de création qui fait le mot artiste.

Je pratique le dessin depuis mes premières années.  Aujourd’hui il m’aide dans les portraits réalistes, les illustrations et dans mes réalisations en infographie.  Mes autres matériaux sont le bois, les fer/aluminium. Par les techniques de taille, d’assemblage et de fonte.  Mais jusqu’ici ces matériaux n’ont été utilisés que pour des projets d’artisanat mais je programme dans un futur très proche des œuvres d’art.  Sur le bois je suis apprenant sculpteur et étudiant en Art plastique et histoire de l’art.

Parlant de votre matériel, vous parlez de numérique puis de bois et fer…  Nous aimerons savoir si en dehors d’être un bon dessinateur il faut aussi être un bon menuisier … Comment vous vous adaptez face aux NTIC ?

La menuiserie ??  Non pas la menuiserie.  Mais la sculpture oui… Je l’ai découvert à l’université et je suis à l’étape d’apprentissage. Les NTIC Sont un choix contemporain des arts qui permet aux artistes un nouveau mode d’expression… Comment je m’adapte ?  Je suis un jeune comme vous qui se laisse entraîner par le vent du virtuel des médias sociaux et autres. Mais ce qui fait la particularité du numérique c’est l’amélioration des conditions de travail et aussi le champ d’actions par lui devient plus grand et les spécialisations aussi. Un artiste se retrouve facilement à faire carrière dans la publicité visuelle et fait fortune par les Designs graphiques, motion design, industriel et autres. Et à un certain niveau on a les maquettes de projets qui se développent rapidement grâce à un logiciel 3D pour ne citer que ça.

Parlant de revenu, comment trouvez-vous l’environnement artistique au Cameroun ?

Je pense que les arts plastiques au Cameroun ont un gros souci de reconnaissance.  L’artiste ne vit pas clairement de son art. Mais néanmoins grâce à sa pluridisciplinarité,  il survit. Ceci jusqu’au jour où il fait parler de lui et dévient citoyen du monde.

Il survit ça veut dire que l’homme ne vit pas de son métier ? Et quand vous parlez de pluridisciplinarité ça veut dire qu’en dehors de l’art plastique vous faites autre chose ?

Quand je parle de pluridisciplinarité je me réfère aux différentes branches de l’art.  Pour dire qu’il est commun de voir des artistes peintres qui sont aussi sculpteurs ou céramiste et même fondeur. Ceci dans l’optique de se créer plus d’ouverture. Le verbe survivre que J’ai utilisé souligne le fait que l’artiste n’a pas ce qu’il devrait normalement avoir.

Quelles sont les difficultés de votre métier au Cameroun ? Sur le plan technique et sur le plan financier

Sur le plan technique, les difficultés dépendent des secteurs. Dans le dessin réaliste ou hyperréaliste, l’absence du matériel de travail est un gros frein.  Du coup il faut être capable de pouvoir le faire venir d’ailleurs. Tout le problème est au niveau financier.  Déjà par l’absence de vrais Mécènes ou de sous-section étatique capable de financer les projets culturels et artistiques. Aussi la consommation est réservée à une certaine catégorie de la population. 

Pensez-vous que les consommateurs sont réceptifs ?

Ceux qui sont capables de consommer oui. Très bien même. Si non on n’existerait plus 😄

Sur quelle proportion ?

Je n’ai pas bien compris. Proportion par rapport à la population ?? Ou par rapport aux consommateurs ?

Nous sommes 20 millions de camerounais

À cette question je ne pourrai vraiment répondre.  Ma petite expérience ne me permet pas de me prononcer à ce niveau.  Comme j’ai dit plus haut tout dépend du couloir.

Comment vous trouvez l’environnement en général ?

Dans le numérique plus précisément, la communication visuelle qui est le chemin que j’aimerais embrasser,  l’environnement est prometteur.

Tout est en train de devenir numérique et visuel. Il n’existe plus de plateforme Internet monotone, monochrome et autres…  Le beau devient le souci de tous.  Qu’il soit dans le business ou même dans le cadre personnel.

Comment vous vous Faites pour vous adapter à cet environnement ?

Le travail et la curiosité.

Quel message pouvez-vous donner aux jeunes qui aimeraient se lancer dans le même secteur que vous ?

J’aimerai juste les encourager. Outre les difficultés du métier il est suffisamment passionnant et la persévérance doit être le meilleur atout et surtout, leur rappeler qu’on ne choisit pas les arts mais les Arts doivent nous choisir.  Celui qui choisit doit être vraiment passionné sinon il renoncera aux premières difficultés.

KAMER ARTDICTION | l’Art, plus qu’une Passion, une Addiction

2 COMMENTS

  1. Beaucoup de courage frangin. DIEU te fortifiera. Persevere gardes ton réve comme un trésor. Quoi qu’on dise, quoi que tu rencontre comme difficulté protège ta vision. J’admire ton talent et je comprend mieux ton petit yvan.

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